2008-10-31 10:21:27Communiqué

Le CRTC laisse tomber l’information et les télés généralistes

Gatineau, le jeudi 30 octobre 2008 - Pour le plus important syndicat de communications au Québec, le CRTC vient de rater une occasion en or de venir au secours de l’information au pays. Selon le SCFP, ce n’est pas la création d’un nouveau fonds pour soutenir la production locale qui va changer quoi que ce soit à cet égard.

«Le manque de nouvelles de qualité dans plusieurs marchés ne sera pas comblé par les mesures proposées. Le nouveau Fonds pour l’amélioration de la programmation locale est une belle initiative mais pas plus, explique Michel Bibeault, directeur-adjoint du SCFP. Le CRTC aurait dû soutenir les nouvelles traditionnelles, plutôt que de cibler la programmation locale en général. Le danger est qu’on ait plus d’émissions d’informations d’opinions à bon marché que de l’information de qualité, un peu comme ce qu’on voit à TQS depuis le mois de septembre. Comme le dit le commissaire Morin dans son opinion minoritaire : «le CRTC aurait dû retenir qu’un seul objectif : la production de nouvelles dans les petits marchés de manière à combler le déficit qui s’est creusé au cours de la dernière décennie».

Le Conseil provincial du secteur des communications du SCFP dénonce aussi la décision du CRTC de refuser les redevances aux télévisions généralistes, même si l’organisme reconnaît en théorie leurs problèmes de financement. «Le moment était opportun pour revoir une iniquité du système qui permet aux seules chaînes spécialisées de percevoir des redevances, renchérit Jean Chabot président du CPSC. Ce qu’il y a de pire, c’est que la décision rendue aujourd’hui ouvre la porte aux spécialisés de gruger encore plus dans les revenus et l’auditoire car elle permettrait à certains d’entre eux de diversifier encore plus leur programmation.»

En effet, pendant que les chaînes spécialisées continuent d’augmenter leur marge de bénéfices et d’auditoire, les règles en place contraignent les généralistes à des missions sociales importantes, mais moins payantes. «Il fallait donner aux diffuseurs conventionnels, autant privés que publics, des conditions d’exploitation qui leur permettraient de poursuivre leur contribution historique à la vie culturelle du pays. À ce chapitre, le CRTC vient de passer à côté d’une chance de rétablir l’équilibre entre les généralistes et les spécialisés», de conclure Michel Bibeault.

Comptant 7000 membres dans les communications au Québec, le SCFP est présent dans plusieurs autres secteurs, notamment la santé et les services sociaux, l’éducation, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois, l’hydroélectricité et les municipalités. Avec plus de 105,000 membres, le SCFP est le plus important affilié de la FTQ.
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