La FTQ et le SCFP se prononcent en commission parlementaire sur le projet de loi n°157 sur le cannabis

De passage ce jeudi à la Commission de la santé et des services sociaux, la FTQ et le SCFP ont salué la décision du gouvernement de confier à une société d’État la prise en charge du cannabis, de manière à prioriser les objectifs de santé publique.

«Nous estimons qu’en matière de distribution et de vente de cannabis, le modèle public choisi par le gouvernement va permettre un meilleur encadrement de la consommation. Cependant, il nous faut mettre le gouvernement en garde contre deux dispositions du projet de loi qui, il nous semble, ouvrent la porte à la privatisation. Il s’agit d’une partie de l’entreposage, du transport et de la livraison. Nous souhaitons des balises claires à cet égard», a déclaré le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Aussi, la FTQ s’interroge quant aux conséquences de la mise sur pied, par décret par le ministre des Finances, de projets pilotes pour la vente au détail du cannabis. Cela pourrait causer l’effet inverse de ses intentions, soit de permettre à des entreprises privées de faire du profit avec le cannabis en établissant des succursales là où bon leur semblera.

«Ces articles du projet de loi sont en contradiction avec la mission donnée à la Société québécoise du cannabis (SQC). Nous demandons au gouvernement de ne pas céder aux pressions des entreprises privées, qui donneraient la priorité aux profits. Cette industrie est sensible et à notre avis, son contrôle doit rester aux mains du secteur public. Il en va de la santé et de la sécurité publiques», a ajouté le président du SCFP-Québec, Denis Bolduc.

Par ailleurs, dans la perspective de la légalisation du cannabis, la FTQ estime que les producteurs agricoles d’ici doivent être aux premières loges de la production. «La FTQ estime que le gouvernement doit mettre en place les conditions favorables pour que nos producteurs agricoles obtiennent leur part du marché. Actuellement, il semble que la société d’État devra s’approvisionner en Ontario ou en Colombie-Britannique, ce qui nous semble inconcevable», a estimé Serge Cadieux.

La FTQ salue également la décision du gouvernement de ne pas céder aux demandes des employeurs de s’octroyer davantage de pouvoir en matière de tests de dépistage en milieu de travail. En plus de déroger au droit à la vie privée et d’être discriminatoires aux yeux des chartes des droits, les tests de dépistage sont difficilement interprétables.

«Il nous semble préférable d’insister sur la prévention plutôt que la répression dans les milieux de travail. Les organisations syndicales peuvent d’ailleurs contribuer à la prévention, de concert avec les employeurs. D’ailleurs, le gouvernement serait bien avisé de mettre en place tous les outils de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) en rendant obligatoires les quatre outils de prévention à toutes les entreprises de 20 employés et plus, soit des représentants à la prévention, des comités de santé et de sécurité paritaire, des programmes de prévention et des programmes de santé», a souligné Serge Cadieux.

Québec devrait également envisager la mise en place de structures d’entraide par les pairs, comme le réseau des déléguées et délégués sociaux de la FTQ, un moyen efficace de soutien aux travailleurs ou travailleuses en difficulté.

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