La CSDM doit fermer la porte aux écoles primaires en PPP

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) demande à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de fermer la porte au modèle de partenariat public-privé (PPP) pour la construction et la gestion de ses écoles.

Ce matin, La Presse rapportait que le président de la Société de développement Angus (SDA), Christian Yaccarini, explore la possibilité de bâtir une école primaire pour le compte de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Contrairement à ce qu’affirme M. Yaccarini, il s’agirait bel et bien d’un PPP du type conception-financement-construction-location.

Il a été établi hors de tout doute que le financement privé d’infrastructures coûte nettement plus cher, et que c’est ultimement le public qui paye si le projet connaît des ratés.

«Ce serait une grave erreur d’emprunter la voie de la privatisation pour construire une école primaire», a dénoncé Mathieu Vick, conseiller syndical au Service de la recherche du SCFP. «Les PPP coûtent systématiquement plus cher et les ratés se multiplient au quotidien.»

Un partenariat public-privé de 40 à 50 ans entre la CDSM et la SDA serait vraisemblablement une première au Québec dans le secteur de l’éducation. L’expérience des PPP au Québec est désastreuse: le CUSM et le CHUM pourraient coûter deux fois plus que prévu et ont connu plusieurs problèmes et délais. Citons également le fiasco des haltes routières et ceux des centres sportifs de Sherbrooke et Châteauguay, construits en PPP, qui coûtent beaucoup trop cher aux citoyens.

De plus, le mélange OBNL et PPP poserait des problèmes de transparence, les OBNL n’étant pas soumis aux mêmes critères de reddition de comptes que les institutions publiques telles que les commissions scolaires.

«Pourquoi est-ce que la CSDM se lierait les mains dans un contrat onéreux, opaque et rigide pour 40 ou 50 ans», a terminé Mathieu Vick. «Nous espérons que la CSDM prendra la bonne décision et s’assurera de garder la construction et la gestion d’écoles dans le domaine public.»

Comptant plus de 110,000 membres au Québec, le SCFP représente quelque 10,100 membres dans le secteur de l’éducation au Québec.

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