Le Syndicat canadien de la fonction publique
(SCFP) a une première réaction de déception face aux
recommandations du rapport D’Amours sur les régimes de retraite. Le
SCFP déplore un cadre trop rigide et des solutions qui ratissent
trop large. Le syndicat est satisfait que le rapport reconnaisse
l’importance de la négociation, mais rejette l’idée d’imposer des
balises. Sur le plan du diagnostic, le SCFP est d’accord avec les
prémisses du rapport: oui, les régimes de retraite connaissent une
crise majeure; oui, le statu quo n’est pas une option. Par contre,
sur le plan des solutions, le syndicat insiste: l’approche
mur-à-mur ne fonctionne pas, et la négociation au cas par cas a
fait ses preuves. «Ce serait une
erreur d’imposer une solution ‘taille unique’ ou ‘one size fits
all’, notamment pour le partage de risque. Les différents régimes
de retraite sont dans des situations très différentes. Dans les
municipalités et les universités, nous avons négocié récemment une
cinquantaine d’ententes, entre autres à la Ville de Montréal et à
l’Université de Montréal. Nous sommes ouverts, nous sommes
pragmatiques, nous négocions et ça fonctionne», a souligné
Denis Bolduc, secrétaire général du SCFP-Québec. Le SCFP est aussi
inquiet de l’éventuelle imposition d’une «règle de solvabilité
améliorée».
La Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ) accueille favorablement le rapport
D’Amours sur l’avenir du système de retraite québécois pour une
grande partie de ses recommandations. «Tout d’abord, explique le président
de la FTQ, Michel Arsenault, le
rapport donne une photographie fidèle de la situation et pose un
bon diagnostic. Si nous ne faisons rien, en effet, nos régimes
actuels de retraite, publics comme privés, sont menacés.»
Fort des résultats des négociations récentes entre plusieurs de ses
syndicats affiliés et leurs employeurs, la FTQ est d’avis que, dans
les milieux de travail syndiqués, la solution doit appartenir aux
parties négociantes. «Que ce soit
dans les villes de Montréal et de Laval, à l’Université de Montréal
ou à la Commission de la construction du Québec (CCQ), nous avons
fait la démonstration qu’il est possible de s’entendre. Personne ne
veut voir les régimes de retraite disparaître, et les deux parties
ont intérêt à avoir des régimes de retraite en santé», a
poursuivi Michel Arsenault. «Il
est vrai, également, qu’une plus grande souplesse dans
l’application de la solvabilité des régimes répondra correctement
aux besoins dans le secteur privé. Cependant, elle représentera une
charge additionnelle importante pour le secteur public. La
négociation, lorsqu’elle est menée de bonne foi, est porteuse de
résultats satisfaisants.»
Après avoir été mises en lock-out, les
employées du fournisseur de services de la Société de l’assurance
automobile du Québec (SAAQ) de Saint-Hubert sont maintenant en
grève. En effet, l’employeur semble avoir changé d’avis et voulait
les faire rentrer au travail aujourd’hui, mais les travailleuses de
la succursale ont répondu avec un avis de grève. «Leur façon d’aborder les relations de
travail, c’est vraiment n’importe quoi! Un jour, l’employeur
décrète un lock-out, le lendemain, il nie qu’il y a lock-out. Il
garde les portes de la succursale bien cadenassées pendant plus
d’une semaine et ensuite, il nous donne un horaire de travail. Il
n’a visiblement aucun respect pour les travailleuses», a
déclaré Manon Bienvenue, présidente du SCFP 5051. En plus de l’avis
de grève, une plainte de négociations de mauvaise foi sera déposée
aujourd’hui. «Nous sommes
convoquées devant le conciliateur vendredi. Nous avons bien hâte de
les entendre», a ajouté la présidente du Syndicat des
travailleuses du Club optimiste Laflèche, affectées au mandat de la
SAAQ de la région de Saint-Hubert.
Le Conseil provincial du secteur des
communications du SCFP (CPSC) entame son 16e congrès aujourd’hui à
Saint-Georges, en Beauce. Sous le thème «Médias sociaux: amis ou ennemis», la
réunion de trois jours comportera plusieurs échanges et éléments de
formation sur les avantages et les périls de Facebook, Twitter et
compagnie. Samedi matin, Me Danielle Lamy, conseillère au Service
juridique du SCFP, fera une présentation sur l’impact des médias
sociaux dans les relations de travail du point de vue syndical.
Ensuite, en après-midi, Guillaume Brunet, vice-président stratégies
numériques et associé chez Substance stratégie, parlera aux
congressistes des «Bonnes
pratiques sur les médias sociaux pour éviter les crises et les
débordements». Toujours samedi, les différents secteurs
constitutifs du CPSC soumettront leurs rapports. Il s’agit de
résumés des faits saillants de la vie syndicale au cours des deux
dernières années. Ces secteurs sont:
cinématographie-postproduction, presse écrite, radio-télévision,
télédistribution, téléphonie. Les congressistes vont également
rendre hommage à Richard Labelle, dont le mandat de président du
CPSC prendra fin au terme du week-end.
La preuve a été faite dans le secteur
municipal, avec entre autres, les cols bleus de la Ville de
Montréal et les cols bleus de la Ville de Laval, la crise des
régimes de retraite va se régler à la table de négociations.
«Le Syndicat canadien de la
fonction publique (SCFP) a pris les devants dans ce dossier en
reconnaissant les difficultés des régimes de retraite et en
proposant des pistes de solutions et elles ont déjà porté fruit. En
ce moment, l’UMQ exige de lourdes compressions ou veut tout
simplement liquider les régimes alors qu'il existe des solutions
viables», a déclaré Denis Bolduc, secrétaire général du
SCFP. À quelques jours de la publication du rapport du comité
d’experts sur les régimes de retraite publics, le Comité D’Amours,
l’Union des municipalités tente d’influencer le gouvernement
québécois en lui demandant d’agir et d’enfoncer dans la gorge des
travailleurs une solution pour tous. «Chaque régime de retraite a ses
spécificités. Chacun a son contexte démographique. L’UMQ n’a pas à
demander que le gouvernement s’ingère dans leurs affaires. Qu’ils
prennent leurs responsabilités. Bien des employeurs se sont octroyé
de généreux congés de contribution aux régimes et aujourd’hui la
capitalisation des régimes en souffre», a expliqué Marc
Ranger, directeur adjoint du SCFP et responsable du secteur
municipal. «C’est à chaque table
de négociation que l’on trouve les solutions et non pas par le
biais d’une solution imposée.»
Les 120 avocats des centres jeunesse du Québec
viennent d’obtenir un rattrapage salarial considérable. Chacun de
leurs échelons salariaux seront réajustés à la hausse, par au moins
4$ pour les échelons inférieurs et environ 8 $ pour les échelons
supérieurs. Cette bonification est de l’ordre de 15%. Les juristes
font donc un très grand pas vers la parité salariale avec leurs
collègues de la Couronne, de l'aide juridique et des autres
organismes gouvernementaux. L’entente a été négociée conjointement
par la FTQ, la CSN et la CSQ. En ce concerne la FTQ, tous ces
avocats sont des membres du SCFP qui travaillent dans la région
métropolitaine et en Abitibi-Témiscamingue. «Les manifestations du 18 mars ont porté
fruit. Ces rassemblements dans plusieurs villes du Québec ont aidé
la négociation à un moment crucial. Les avocats des centres
jeunesse ont obtenu gain de cause. Cela va beaucoup aider en termes
de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre», selon
Serge Morin, direction adjoint du SCFP et porte-parole FTQ à la
table de négociation. «Nous
sommes maintenant tout près de la parité complète. Notre prochain
objectif: que la rémunération du niveau expert, qui se situe
au-delà du dernier échelon, soit reconnue aux fins du RREGOP. Nous
aborderons cet aspect au prochain renouvellement de convention
collective», a précisé Serge Morin.
La Commission d’accès à l’information du
Québec recommande la possibilité d’assujettir plus d’organismes à
la loi sur l’accès à l’information en commission parlementaire,
mais les recommandations ne vont pas assez loin pour le Syndicat
canadien de la fonction publique (SCFP). Explicitement, le SCFP
plaide non seulement pour l’assujettissement de toutes les
entreprises publiques, mais aussi l’assujettissement des entités,
tels les OSBL et les PPP, qui font porter un risque aux
contribuables. «Malgré les
nouvelles recommandations, les Organismes sans but lucratif (OSBL)
et des partenariats public-privé (PPP) seront encore exclus de la
Loi sur l’accès à l’information. Dans les faits, ils sont des
prolongements d’entités publiques», a déclaré Danielle Lamy,
conseillère juridique au SCFP, devant la commission parlementaire.
«Puisqu’on y trouve des entités
privées, ces dernières font écran à la transparence exigée des
administrations publiques, ce qui est un non-sens.» Les
OSBL, par exemple, gèrent des activités ou des bâtiments à
caractère public (aréna, centre sportif, etc.) construits grâce à
des emprunts garantis – parfois à 100 % – par des Villes. Les
Villes s’engagent, en plus, à louer les installations pour leurs
citoyens pour une durée et un coût déterminés. La vocation de ces
OSBL est donc avant tout publique, mais leur gestion est privée
(malgré la présence d’administrateurs municipaux), ce qui fait que
les contribuables n’ont habituellement pas accès à l’ensemble de
leurs états financiers.
La Coalition québécoise contre la réforme de
l’assurance-emploi poursuit la lutte cette semaine avec des
actions-surprises et d’autres manifestations dans les régions du
Québec. La coalition accentuera la pression au cours des prochaines
semaines. Quelques «visites impromptues» sont notamment prévues
dans des lieux symbolisant le pouvoir fédéral. L’endroit et l’heure
de ces actions ne seront pas dévoilés à l’avance. Ce lundi 8 avril,
la population de Percé et des alentours manifestera son
mécontentement contre la réforme de l’assurance-emploi. Le
rassemblement débutera à 13h, sur la rue du Quai. Il s’agit d’une
initiative de citoyennes et de citoyens et des commerçants de
Percé, soutenue par la Coalition de l’Est. Enfin, il y aura quatre
manifestations le jeudi 11 avril. La première se tiendra devant les
bureaux du lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian
Paradis, à Lac-Mégantic, à compter de 12h15. Une autre se déploiera
à Boucherville à compter de 13h30. Les manifestantes et les
manifestants se donnent rendez-vous aux Promenades Montarville. On
y attend des travailleuses et des travailleurs de toute la
Montérégie. Dans les Laurentides, deux manifestations sont prévues
sur l’heure du midi, à Tremblant ainsi qu’à Mont-Laurier.
Le plus gros fournisseur de services de la
Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) sur la Rive-Sud
cadenasse sa porte, laissant employées et clients dans la rue. Le
lock-out survient après la demande de conciliation de la part du
Syndicat des travailleuses du Club optimiste Laflèche, affectées au
mandat de la SAAQ de la région de Saint-Hubert. Les sept
travailleuses du SCFP 5051 sont encore indignées par le fait
qu’elles n’arrivent pas à signer une nouvelle convention
collective, malgré le fait qu’une entente de principe a été
acceptée par les membres le 19 décembre dernier. «Et maintenant ça! Pour un Club optimiste,
notre employeur est pas mal pessimiste quand ça touche aux
relations de travail», a souligné Manon Bienvenue,
présidente du SCFP 5051. «On a
fait preuve de beaucoup d’ouverture, on a demandé la conciliation.
N’oublions pas que nous avions une entente de principe. Nous avions
même une date de signature, mais l’employeur a décidé qu’il ne
voulait plus signer la convention collective», a ajouté la
présidente du syndicat. L’employeur a profité de sa volte-face pour
effectuer une vingtaine de changements dans le contrat de travail.
Étant donné la situation, les employées se sont dotées d’un mandat
de grève le mois dernier. Les éléments en litige sont
l’organisation de l’horaire de travail et le temps accordé pour
l’ouverture et la fermeture de la succursale ainsi que la
rétroactivité.
Des représentants du SCFP seront parmi les 700
personnes du monde syndical, du monde culturel, ainsi que des
sphères économique, sociale et politique qui participeront ce soir
au spectacle afin de dénoncer, en musique et en humour, le saccage
de l’assurance-emploi par le gouvernement Harper. L’évènement sera
animé par la comédienne Chantal Lamarre. Plusieurs artistes se
joindront au Porn Flakes, dont Sébastien Plante, chanteur du groupe
Les Respectables, Paul Cargnello, Joëlle Saint-Pierre, Oztara, et
les Zapartistes afin d’appuyer les chômeurs et les travailleurs
attaqués par la réforme des conservateurs à Ottawa. Le spectacle,
organisé par la Coalition québécoise contre la réforme de
l’assurance-emploi, débutera à 19h, en direct de la salle La
Tulipe, à Montréal. Le Lobby Bar (4538, avenue Papineau), juste à
côté de la salle La Tulipe, accueillera gratuitement les gens qui
ne pourront pas entrer dans la salle de spectacle, et où on y
diffusera le spectacle en direct. Webdiffusion Peu importe où l’on se
trouve, le spectacle pourra être vu, en direct
au:www.webtv.coop/live